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  • : 29/07/2008
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1ère ébauche du projet 05/06/08

"1er Ecran" est l'ébauche d'un projet de spectacle solo écrite en Mai/Juin 2008

 

 

        Ce projet met en rapport un certain nombre de pistes que j'avais crues bon d'isoler.Mais elles s'avèrent a posteriori relever d'un ensemble cohérent.La prochaine étape consistera donc à rassembler tous les éléments de cette ébauche et de faire apparaître le sens global du projet. A suivre...

 

 

1er ECRAN

05/06/08

 

 

Sommaire :

 

2fils parallèles comme contour d’un espace entre...............................................................p2

L’écran.................................................................................................................................p3-4

Le cirque et le masculin..........................................................................................................p5

Le soldat, allégorie de l’engagement artistique....................................................................p5

Le réseau des cinémas.............................................................................................................p6

Inspiration et direction de travail..........................................................................................p6




 

2 fils parallèles  comme contour d’un espace entre

           

  

Au moment de ma première présentation réalisée avec les 2 fils parallèles en mars 2007, l’idée était de trouver un univers dans lequel le fil existait déjà.Il me fallait évoquer au delà du cirque au delà du fildeferiste pour réouvrir sur une réalité en dehors de celle du cirque. Réactiver un éveil du spectacteur pour cette discipline. L’univers du soldat et du champ de bataille m’étaient apparus immédiatement avec les barbelés, les mines, les fronts comme autant de lignes et de fils de fer qui questionneraient le fil comme limite, barrière, horizon et aussi métal. Les 2 fils sont devenus nécessaires  pour rompre avec la linéarité d’un seul fil et ses éternels allers et retours. Comme un soldat effectuant son parcours du combattant, foncer toujours droit devant, circuler sur les fils sans donner l’impression de revenir sans cesse sur mes pas, sauter de l’un à l’autre.

        

 

Cela m’a amené à trouver une circularité sur les 2 fils en me concentrant sur les passages de l’un à l’autre, en cherchant à donner de l’air au mouvement, jusqu’au déséquilibre avant de se rétablir sur l’autre fil. Et de là la decouverte de cet espace du déséquilibre, interstice, tranchée, trou délimité par ces 2 lignes. J’aimerais utiliser les 2 fils pour mettre l’accent sur cet espace de l’entre-deux, lieu du retranchement, du doute, du non choix, de la chute. Regarder cet espace souligné par ces 2 fils plutôt que le fil lui-même. Regarder cette faille ou encore cette fausse qui m’aspire vers un destin funeste…

 

 

  

L’écran :

 

           


          Mettre en lien un fil et un écran pour confronter le vivant à l’image

 

 La fragilité du vivant/ la sécurité de l’image. Confronter leur rapport au réel : le cirque où un public, surpris par la virtuosité de ce qui est réalisé se sent leurré :  « c’est sûr il y a un truc »/ d’autre part le film qui peut faire pleurer en donnant une sensation de réalité. Confronter une discipline dans laquelle on doit se ré-rencontrer à chaque fois que l’on monte sur le fil, se reconnaître à nouveau, et d’autre part cette image qui fixe à jamais la réalité visuelle des choses. Questionner l’art vivant par le rapport au risque ; change t-il si la prouesse technique est préalablement enregistrée avec le confort de pouvoir refaire la prise.

Il s’avère que si dans la réalité d’un spectacle, le fildeferiste rate sa figure, il recommence encouragé par le public, car au cirque on vient voir quelqu’un tenter l’impossible, tentative qui peut exiger une installation longue et plusieurs essais au préalable. Le public est prêt à prendre le temps de cet accomplissement (cf Raphaël Navarro et sa comparaison entre cirque et magie dans son manisfeste de la magie nouvelle). L’image nous donne tout, tout de suite .

 

         Ouvrir aussi le fil sur une dramaturgie et une prise de parole 

 

Introduire un contexte, une toile de fond à tout ce qui se produit en direct, pour que le fil résonne autrement. C’est ce que j’avais tenté de faire au cercle élargi avec Véronique Caye. Le passage sur le fil était précédé d’une introduction vidéo où l’on me voyait courir en soldat dans les champs, cherchant une éventuelle bataille à livrer.

Faire parler le circassien à l’intérieur même de la technique, là où d’habitude c’est impossible, à l’intérieur même d’un salto par exemple.

Jouer avec mes multiples

 

 

         Jouer avec mon image. Pour cela Véronique Caye et moi sommes en train d’expérimenter un dispositif où je me démultiplie. Des images de moi sur le fil sont projetées sur un écran en tule qui reste assez transparent pour que j’apparaisse éclairé derrière. De cette manière je m’insère dans l’image comme si j’étais moi-même une image de plus.IL y a donc moi en chair et en os et mes répliques parfois personnages à part  entière qui interagissent entre eux et avec moi (cf cinéma expérimental de MacLaren)

C’est donc cette multiplicité et cette démultiplication qui m’intéresse (cf Dans la peau de John Malkovich). Comme s’il s’agissait de se créer un univers social, des amis qui ne sont que des répliques de soi (comme si chaque contact  était une manière de s’aborder soi-même) .

 

Ce délire schizo-narcissique est finalement très proche du regard que l’on peut avoir depuis un fil : il est souvent difficile au fildefersiste de poser son regard sur autre chose que le bout de son cable qui est son repère. Cela relève d’une vraie difficulté. Quand il arrive qu’un fildeferiste regarde son public depuis un fil, il doit exercer une sorte de regard intérieur pour savoir où il est, d’après ses propres informations proprioceptives. Il s’agit donc d’un regard dirigé vers les autres mais qui reste centré sur lui. On voit mais on peut difficilement réfléchir à ce que l’on voit car l’attention est portée sur ses propres sensations internes. On regarde sans voir parce qu’on se regarde…

 

Un monde d’illusion mais auquel on s’attache comme ces personnes qui se rencontrent sur internet et qui finissent par avoir davantage de contacts virtuels que de contacts réels avec les autres. J’en ai parlé avec Raphaël Navarro qui me proposait de pousser l’illusion jusqu’au bout en créant des homologues hologrammes.

 

 

Le cirque et le masculin

           

 

         Jouer avec mon image en tant qu’image masculine du circassien. Questionner le rapport à la virilité qu’entretient  le cirque que ce soit dans ses origines militaires (cf naissance du Cirque Moderne) ou  les valeurs morales qu’il vehicule. Etudier la place du féminin. Il me semble qu’il faut une certaine prudence pour parler de cet aspect du cirque, c’est pourquoi je veux essayer de mener un vrai travail de recherche et de rencontre avec des gens comme Daniel Welzer Lang, sociologue qui a beaucoup écrit sur le masculin et sa consruction. Parler de la virilité et d’un soldat est aussi une manière  métaphorique  de parler de l’engagement artistique.

 

 

  

Le soldat, allégorie de l’engagement artistique

 

 

           

« Engagez-vous !» scande la propagande militaire. Qu’il soit physique ou artistique, l’engagement d’un circassien  pose les mêmes questions : Jusqu’ou aller ? Quelles limites le circassien se donne-t-il? Qu’est ce que l’on est prêt à sacrifier? Jusqu’ou peut-on aller pour servir une cause, un projet ?  Pour qui ? Pour quoi ? Dans quel but ?  Collaborer ou résister ?  Est-ce que le monde se portera mieux  ou moins bien ?

Le thème du soldat porte en lui la problématique de l’engagement et de la responsabilité en tant qu’artiste, tout comme une nation a la responsabilité de proposer sa vision pour le monde !

« L’avant garde » est aussi un terme militaire, cette ligne de soldats placée devant, la première à être sacrifiée. Ces soldats précèdaient tout le monde, étaient les premiers à se confronter au combat : les plus forts et les plus fragiles en même temps !

Le soldat pour parler d’un rapport à l’action.Action comme mot d’ordre sur le champ de bataille comme sur une piste, l’impératif du Hic et nunc.Une nécessité d’être dans son corps (ça peut paraître tordu !)Le cogito, c’est le dubito, c’est l’hésitation et la mort.Un rapport au présent , une disponibilité à reconnaître le présent, à savoir ce qui arrive à tout moment sans pour autant se poser la question.Une sorte de conscience inconsciente.

 

  

 

Le réseau des cinémas 

           

 

Pour une ésthétique. Développer un réseau aux côtés des cinémas itinérants (qui se mulitplient) et les autres formes de cinémas capables d'accueillir un tel dispositif (il faut pouvoir accrocher un fil !) : salles programmant des séances cinéma ou vidéo. Pour s’inscrire dans un environnement qui utilise déjà l’image et inscrire le fil dans une architecture horizontale.

 

Pour une action culturelle ouverte sur les habitants , aller là peut-être  où s’arrête les réseaux culturels habituels.A voir avec les cinémas itinérants partenaires.

 

 

 

 

Inspiration et direction de travail :

 

           

Fellini (cinéma)

         Marie-José Mondzain (philosophe)

         Jeff Wall (photographe)

         Eugenio Barba (antropologie théâtrale)
         Daniel Welzer Lang (sociologue spécialisé sur la construction du masculin  notamment)
         Merleau Ponty

 

 

 

 

 

 

 

 
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